Novels

4 pages
3 views

Bruce Trigger

of 4
All materials on our website are shared by users. If you have any questions about copyright issues, please report us to resolve them. We are always happy to assist you.
Share
Description
Bruce Trigger
Transcript
  Bruce Trigger : une contribution majeure (28 octobre 2007) Humain, diplomate et disponible pour ses élèves, voilà comment Bruce G. Trigger est décrit dans un hommage posthume. Né en Ontario en 1937, il va entreprendre ses études universitaires à Toronto en anthropologie et ensuite poursuivre un doctorat à Yale. Ses travaux vont l’amener à travailler sur la Nubie (1964 à 1993) en tant qu’égyptologue et aussi sur les Autochtones du nord -est américain (1970 à 2006) à titre d’archéologue et d’ethnohistorien. Ses ouvrages Les enfants d’Aatahentsic (The Children of Aatahentsic : a history of the Huron people to 1660) et Les Indiens, la fourrure et les Blancs (Natives and Newcomers : Canada’s « Heroic Age » Reconsidered) ont été des ouvrages déterminants dans la carrière de Trigger. Ils ont reçu un accueil favorable des spécialistes et du public et servent à redéfinir la place accordée aux Autochtones dans l’histoire canadienne. Passant l’essentiel de sa carrière à l’université McGill à Montréal, l’archéologue va innover dans le domaine de l’ethnohistoire huronne en plus d’être actif dans la promotion et la défense des autochtones. Sur près de 40 ans, Trigger a écrit plus d’une vingtaine de monographies en plus des articles scientifiques et recueils. Il a aussi œuv ré dans la traduction et donné de nombreuses conférences. Il a développé une expertise archéologique reconnu mondialement qu’il va appliquer pour faire avancer la science historique en se penchant sur l’histoire de la colonisation des basses terres du St -Laurent et des Grands lacs. Son plus grand apport est d’avoir fait une remise en question des mythes fondateurs de la nation canadienne, de dénoncer la mise à l’écart des autochtones dans l’historiographie canadienne et d’avoir utilisé une méthode multidisciplinaire pour lier la tradition orale, les artefacts et les sources manuscrites dans le but de reconstituer une histoire plus objective. Les recherches de Bruce Trigger ont pour dénominateurs communs les études amérindiennes et l’archéologie (Afrique et A mérique du Nord). Ses ouvrages sont souvent qualifiés de références, notamment Les enfants d’Aatahentsic qui serait : « un puissant stimulant pour une recherche renouvelée » ainsi qu’ « un amalgame magistral de l’histoire et de la préhistoire » . Les Indie ns, la fourrure et les Blancs propose rien de moins qu’une « histoire coloniale reconfigurée *…+ qui déstructure une version de l’histoire canadienne romanesque pour y substituer une nouvelle version empreinte d’ironie satirique. »   Les Indiens, la fourrure et les Blancs : contenu et objectifs visés Pour mieux situer Bruce Trigger dans l’historiographie québécoise et saisir l’ampleur de son travail, l’étude d’un de ses ouvrages est nécessaire. Dans Les Indiens, la fourrure et les Blancs  la rencontre entre le s Français et les Amérindiens en Amérique du Nord est l’objet d’étude de Trigger. Les répercussions des rapports ethniques et leurs effets sur la démographie de la vallée du St-Laurent est la problématique que l’auteur tente d’élucider. Dans ce livre, il p asse outre les conventions sur la détermination de l’histoire par l’utilisation exclusive des sources écrites. Il fait une démonstration qui permet de remettre en question certains fondements de notre histoire. Trigger introduit le terme « groupe d’intérêt  » pour expliquer l’intérêt des marchands français avec les communautés autochtones en réduisant ainsi les thèses du génie colonial français ou bien des affinités naturelles liant ces deux entités. La contribution des Premières Nations soulignée par l’aute ur fixe bien cette tendance actuelle qui consiste à éviter l’exclusion et la marginalisation de peuples ayant eu un rôle certain dans l’échiquier politique des Grands Lacs et de la vallée du St Laurent.  En préface, l’auteur réfère l’histoire canadienne à une juxtaposition des faits marquants de l’ère héroïque. Les recherches d’aujourd’hui permettent de dégager une toute autre histoire. Les résultats sur le terrain et les techniques d’interprétation donnent la possibilité de brosser un tableau plus fidèle de  la réalité de l’ensemble des peuples contenus sur le territoire. Le livre constitue un travail de longue haleine construit en collaboration avec des étudiants spécialisés. L’information est structurée en six chapitres touchant la perception que nous avons  des autochtones, le rapport des chercheurs avec l’histoire archéologique, la présence européenne et sa marque dans la culture autochtone, les enjeux des relations commerciales, le monde diplomatique ainsi que les alliances entre groupes ethniques. Le dernier chapitre « Qui a fondé la Nouvelle-France ? » est une démonstration révisionniste en contraste avec les écrits traditionnels faisant la promotion de la Nouvelle-France. La réception critique du livre Les Indiens, la fourrure et les Blancs Nous avons relevé différents commentaires et critiques concernant ce livre. Toby Morantz analyse cet ouvrage comme étant une dénonciation d’une histoire canadienne falsifiée : « qui perpétue et popularise des images péjoratives et erronés des Premières Nations. » Pour sa part, Catherine Desbarats reconnaît l’immense défi que Trigger a soulevé pour : « décloisonner l’histoire, substituer l’objectivité à l’ethnocentrisme » . Ensuite, Delage déclare que cet ouvrage est « un rapport majeur et incontournable à notre histoire , la meilleure synthèse de la rencontre des Français et des Autochtones, une œuvre qui renouvelle l’histoire canadienne et faisant appel à toutes les disciplines de l’histoire » . Pritchand qualifie l’ouvrage « d’œuvre polémique dirigé contre les historiens   qu’une œuvre d’histoire ». Luca Condignola, dans son analyse des thèses de quatre auteurs touchant à des études amérindiennes, évalue que Trigger utilise trop souvent la forme de verbe conditionnel. Une bibliographie trop vaste et difficile à employer serait un autre reproche. L’image peu reluisante des autochtones persiste dans l’historiographie. Cependant, on observe un changement progressif dans la littérature et le discours tend à devenir neutre à leur sujet. Il semble que la mémoire collective tend à les ridiculiser ou les écarter simplement. La croyance du déclin de la civilisation autochtone semble toujours vivace malgré la grande vitalité de nombre de communautés d’aujourd’hui. L’auteur, au travers ce constat, souligne la grande divergence d’opinion   sur l’approche des historiens et le discours opposé des anthropologues. La vision opposée est source d’une recomposition historique ayant des failles majeures. Si les historiens ne jurent que par les sources écrites, il semble possible autrement de recons tituer de manière convaincante une partie de l’histoire qui nous échappait jusqu’à maintenant. Le monde parallèle des européens en sol nord -américain serait en fait une entité interdépendante d’un ensemble plus vaste. Le temps des Héros sert en fait de réf  érence grossière pour situer une époque. L’histoire est cependant infiniment plus sophistiquée. Le 19e siècle est caractérisé par une mise aux oubliettes des nations autochtones. La recherche centrée sur l’identité raciale et nationale n’était pas propice à une ouverture vers l’autre. Les études de l’anthropologue Parkman font foi de cette attitude condescendante à l’égard des peuples jugés inférieurs. Malgré ses forts préjugés, il place les antagonistes européens sur le même pied d’égalité dans ce qu’il ju ge être un conflit civilisationnel.  Malgré une influence historiographique différente, les écrits de Parkman reçurent un écho favorable au Canada. Son style séduit l’imaginaire des lecteurs à la recherche de sensations concernant les vils amérindiens. Le renforcement des idées erronées et simplistes va par conséquent influencer grandement les recherches subséquentes. Le caractère éloquent des autochtones soulevé dans les écrits dits nationalistes va avoir comme ombrage la guerre supposément civilisatrice. L ’accumulation de stéréotypes dans la littérature ainsi que la perte de matériel archéologique en direction des États-Unis va ralentir la recherche d’une histoire plus sensible à la réalité. Le Canada va connaître une impulsion marquée, dans les années 1970- 1980, d’études plus spécifiques et moins teintées d’eurocentrisme.  Les chapitres II et III marquent bien la distinction entre archéologie et histoire. La nature différente de l’objet d’étude (ossuaires autochtones vs preuves manuscrites européennes) fait de ces sciences des approches distinctes de recherche. La grande difficulté d’arrimer les deux disciplines se reflète dans la définition de ce qu’est l’histoire. L’auteur vulgarise les différentes approches liées à l’archéologie et son développement. Les recherches sur le terrain peuvent aider à confirmer ou infirmer des caractéristiques propres à un groupe ou un ensemble plus étendu. Le cannibalisme est l’une de ces attributions qui peut - être prouver à l’aide d’une étude exhaustive sur les débris. Les écri ts faisant foi de ces comportements ne suffisent donc plus pour fonder un fait historique. L’impact de l’arrivée européenne sur le super organisme déjà en place à longtemps été ignoré par la vision américaine macro anthropologique. L’auteur souligne la contribution de l’anthropologue Boas qui est venu secouer cette pensée singulière. L’activité européenne précédant l’occupation officielle du territoire est porteuse d’une quantité immense de changements dans le quotidien autochtone. La nouvelle dynamique d’é change et la possibilité d’augmenter le capital de prestige vont attirer ceux -ci à intensifier leurs contacts avec les pêcheurs déjà présents bien avant l’arrivée de Jacques Cartier. L’époque coloniale va permettre un mouvement et une orientation nouvelle des habitudes de vie des amérindiens. L’auteur énonce une certaine faiblesse dans la reconstitution historique de cette période. L’écriture n’étant pas l’apanage de tous. La recherche archéologique semble nécessaire pour pallier aux approximations relevées dans l’évaluation des faits. La disparition des Iroquois de la vallée du St Laurent est un exemple frappant de la disproportion entre les traces laissées sur place et les récits rapportés. La chronologie traditionnelle va possiblement connaître une révisi on significative avec l’apport d’éléments contradictoires. Une discipline alternative pose un regard différent sur les enjeux historiques nord-américains : l’ethnohistoire. Cet hybride disciplinaire permet de soutirer une masse d’information autrement diff  icile à traiter. La tradition orale est significative dans la recherche de précision sur les effets des objets européens dans la vie quotidienne. L’auteur nous éclaire sur une facette du commerce transcontinental. Les objets connaissent souvent une utilisation autre que prévue. Ils voyagent par des réseaux et des alliances complexes. L’économie de marché à l’européenne s’adapte difficilement au Nouveau Monde par la nature même de la vie autochtone basée sur la capacité de transport. L’appropriation de marchandises luxueuses dans le but de la distribuer à ses pairs comme capital politique est aussi une entrave à la création de besoins inconnus jusqu’alors.    En dernier lieu, le débat sur déclin de population est toujours sujet à des données approximatives. Les récits et rapports émanant des instances religieuses et des administrations peuvent donner une ampleur du désastre démographique. Le calcul statistique de la chute des populations reste toujours une notion abstraite nonobstant l’impact sur la culture des s ociétés autochtones. Le livre de l’auteur Trigger constitue un ensemble colossal de données qui peuvent parfois se perdent dans les détails. L’étude des peuples autochtones est une matière peu commode à travailler. L’ouvrage est d’intérêt dans la mesure o ù les nations européennes ont été influencées par la présence autochtone et vice- versa. La contribution autochtone à la prospérité coloniale est évidente. L’attribution d’usage autre des objets européens de la part des peuples du Nouveau Monde constitue une étude fascinante. En dernier lieu, il ne s’agit plus de considérer la rencontre des deux mondes comme un choc mais plutôt comme la rencontre difficile et enrichissante d’entités humaines ayant vécues des développements parallèles.
We Need Your Support
Thank you for visiting our website and your interest in our free products and services. We are nonprofit website to share and download documents. To the running of this website, we need your help to support us.

Thanks to everyone for your continued support.

No, Thanks