Art

40 pages
186 views

L'habitat rural et le souterrain médiéval de « Pech de Bonal » à Fontanes (Lot)

of 40
All materials on our website are shared by users. If you have any questions about copyright issues, please report us to resolve them. We are always happy to assist you.
Share
Description
L'habitat rural et le souterrain médiéval de « Pech de Bonal » à Fontanes (Lot)
Transcript
  Archéologie du Midi médiéval L'habitat rural et le souterrain médiéval de « Pech de Bonal » àFontanes (Lot) Jean-Luc Boudartchouk , Thierry Salgues , Frédéric Veyssière , Isabelle Rodet-Belarbi , Barnard Garotin , Francis Dieulafait , Michel Barrere Résumé Fouille exhaustive d'un habitat rural isolé au sud de Cahors comprenant un bâtiment principal et deux bâtiments annexes,associé à un souterrain aménagé à salles, creusé dans le substrat rocheux. Le début de l'occupation du site peut êtresitué à la fin du Xlle s., et son abandon brutal durant le deuxième quart du XIIIe s., peut-être dans le contexte des troublespolitico-religieux qui touchent alors la région. (2). Abstract Exhaustive excavation of a remote rural house to the south of Cahors including a main building and two annexes,associated with underground premises arranged with rooms, dug into the rocky substrate. The beginning ofthe occupationofthe site can be dated to the end of the 12th century, and its sudden abandonment to the second quarter ofthe 13thcentury, perhaps due to the political-religious turmoil that affected the region at this time. Citer ce document Cite this document : Boudartchouk Jean-Luc, Salgues Thierry, Veyssière Frédéric, Rodet-Belarbi Isabelle, Garotin Barnard, Dieulafait Francis,Barrere Michel. L'habitat rural et le souterrain médiéval de « Pech de Bonal » à Fontanes (Lot). In: Archéologie du Midimédiéval. Tome 15-16, 1997. pp. 67-105 ; doi : 10.3406/amime.1997.1317http://www.persee.fr/doc/amime_0758-7708_1997_num_15_1_1317 Document généré le 02/12/2016  L HABITAT RURAL ET LE SOUTERRAIN MÉDIÉVAL DE « PECH DE BONAL » A FONTANES, LOT L HABITAT RURAL ET LE SOUTERRAIN MÉDIÉVAL E « PECH E BONAL » (Font ânes, Lot) Jean-Luc Boudartchouk avec la collaboration de Thierry Salgues et Frédéric Veyssière (1) t les contributions d'Isabelle Rodet-Belarbi, Barnard Garotin, Francis Dieulafait, Michel Barrère. Fouille exhaustive d'un habitat rural isolé au sud de Cahors comprenant un bâtiment principal et deux bâtiments annexes, associé à un souterrain aménagé à salles, creusé dans le substrat rocheux. Le début de l'occupation du site peut être situé à la fin du Xlle s., et son abandon brutal durant le deuxième quart du XHIe s., peut-être dans le contexte des troubles politico-religieux qui touchent alors la région. (2). Exhaustive excavation ofa remote rural house to the south ofCahors including a main building and two annexes, associated with underground premises arranged with rooms, dug into the rocky substrate. The beginning ofthe occupation ofthe site can be dated to the end ofthe 12th century, and its sudden abandonment to the second quarter ofthe 13th century, perhaps due to the political-religious turmoil that affected the région at this time. GÉOMORPHOLOGIE DU SITE ET DE SES ENVIRONS : (3) La proche région du site présente une morphologie de coteaux constitués par les terrains tertiaires qui reposent en discordance sur les calcaires jurassiques que l'on retrouve à l'affleurement dans les vallées les plus profondes. Le Tertiaire est représenté ici par l'Oligocène et le Miocène. L'Oligocène regroupe deux formations. Au sud de Fontanes, il s'agit des molasses de Montdoumerc constituées de marnes à passées gréseuses et argileuses. Vers Fontanes, et notamment au Pech de Bonal, plusieurs niveaux calcaires s'intercalent dans ces faciès marneux jusqu'à former au nord de Fontanes un puissant ensemble de calcaires lacustres. Les formations oligocènes sont couronnées par le calcaire lacustre miocène formant les coteaux les plus élevés. Tous ces terrains tertiaires sont entaillés par de nombreuses petites vallées actuellement sèches. Les fonds de vallon sont alors empâtés par des sédiments colluvio-alluviaux tandis que les versants et les coteaux ne présentent que peu de formations superficielles. Le site se trouve sur le sommet du versant d'un petit vallon sec entaillé dans les formations oligocènes. Les sondages effectués autour du site montrent que sur le versant le substrat calcaire affleure sous 20 à 40 cm de terre arable limoneuse brune plus ou moins chargée en cailloutis calcaire. Quand on s'approche du fond du vallon, l'épaisseur des formations superficielles augmente avec des niveaux de castine et d'argile. Les structures de surface excavées et le souterrain sont taillés dans un calcaire marneux légèrement gréseux (quelques grains de feldspath) blanchâtre parfois rosé. Ce calcaire tendre est jalonné de diaclases de quelques centimètres de large, ce qui semble être le caractère karstique le plus poussé de ce calcaire. 1. LES DONNÉES DE TERRAIN Nous étudierons successivement l'habitat de surface, puis le souterrain aménagé. (1) Opération menée dans le cadre de la mise en service de l autoroute A 20, section Montauban Cahors sud, en 1996. Financement A. S. F. Équipe de fouille A.F.A.N. J.-L. BOUDARTCHOUK, T. SALGUES, F. VEYSSIERE, P. BATY, A. DAUSSY, I. DRIANCOURT, F. JOLY, F. LEROY, F. MESSAGER, P. MÔLLER, L. NEYSSENSSAS, P. NOULIN, J. PONS, F. PORCELL. Datation 14C L. VAN DER PLAETSEN, Archéolabs ref ARC 1441,1442,1445,1446. Analyse des pollens L. MARAMBAT Archéolabs ref : ARC 96 R 232 P. Suivi scientifique : SRA Midi-Pyrénées : M. VIDAL, M. BARRERE, P. FOUCHER, F. ROUZAUD, B. MARTY. A.F.A.N. Coordination A 20, P. BARBIER, F. HAUTEFEUILLE, L. DETRAIN. Remerciements à H. MOLET, C. BARET, M. DURAND, M. le Maire de Fontanes, S. HENNEBUTTE, B. SZEPERTYSKI, ainsi qu aux Archives départementales du Lot et aux Archives municipales de Cahors. (2) Les quarante kilomètres de la section autoroutière en projet entre Montauban et Cahors-Sud avaient en effet fait l objet d une étude d impact préliminaire, réalisée en 1995. C est alors que fut repéré le site de « Pech de Bonal », en septembre, par l équipe de T. Salgues. La finalité principale de l opération de 1996 a donc été une étude précise de la topographie et de la stratigraphie du souterrain ainsi que la fouille exhaustive des structures de surface, quelle que soit leur nature. (3) Extrait de T. SALGUES et alii, 1995. (4)Depuis le XVIII ème s., aucun habitat n est attesté sur ou autour du site dans un rayon del km. Au-delà on rencontre quelques écarts. Par ailleurs, tout souvenir de l existence du site avait disparu anciennement. 67  ARCHÉOLOGIE DU MIDI MÉDIÉVAL - TOME XV et XVI- 1997-1998 Fig. 1 : Pech de Bonal. Implantation topographique du site. Echelle graphique en marge : 50 m. (Doc. A.S.F complété) L'habitat de surface (4) J-L Boudartchouk Celui-ci se compose d'un chemin d'accès, d'une habitation principale et de deux bâtiments secondaires. Les structures seront étudiées préalablement au mobilier. Les aménagements de surface Le chemin d'accès médiéval n'a pu être observé qu'à l'extérieur de l'aire de fouille. Il s'agit d'un chemin rectiligne, orienté nord-ouest/sud-est, s embranchant sur l'ancien chemin nord-sud venant de Gâches et se dirigeant vers Fontanes. Ce chemin figure sur le cadastre napoléonien et est repris sur le cadastre actuel bien que sa matérialisation sur le terrain diffère sensiblement du plan. En effet, à l'approche de l'emprise autoroutière, le chemin à proprement parler n'existe plus - et ce dès le XIXe s. - et est remplacé par une simple limite parcellaire talutée, constituée en fait par le parement sud de la bande de roulement de l'ancien chemin, transformée en pierrier linéaire et surmontée d'une haie. A environ une centaine de mètres en amont du site, le chemin ancien est conservé. La bande de roulement possède une largeur de 2 m environ ; elle est délimitée par deux murettes en pierre sèche (blocs calcaires). Il s'agit d'un « chemin de chars » typique. Ce chemin, parfaitement rectiligne, épousait le sommet d'une langue calcaire ; il passait à une quinzaine de mètres environ au sud des cases. L'itinéraire devait se poursuivre en direction du sud-est, mais il n'est plus matérialisé que par une limite parcellaire déterminant une ligne de force du plan cadastral. L'étude du cadastre du XIXe s. montre que ce chemin est antérieur au parcellaire de l'époque, qui s'organise par rapport à lui. Il s'agit sans doute du chemin d'accès au site, conservé après la disparition de ce dernier en raison de son rôle de desserte des parcelles agricoles. L'habitation principale (domus appelée ici case A) est la structure de surface la plus complexe. Elle comprend trois états distincts. L'état 1 de la case A (Al) L'état primitif du bâtiment est difficile à appréhender, du fait des importants remaniements ultérieurs liés à la construction d'un étage et d'une cave selon le même plan (état 2). Préalablement à l'édification des murs, le substrat calcaire a été excavé sur une aire sub-rectangulaire de 6 x 1 1 m et une profondeur de 35 cm (orientation nord- est/sud-ouest). Les murs, très mal conservés du fait des perturbations liées à l'état 2, ont une épaisseur moyenne de 50 cm et reposent directement sur le fond du creusement. Il s'agit de murs en pierre sèche, dépourvus de liant argileux, composés de blocs calcaires calibrés mais non appareillés, disposés en lits assez réguliers, parfois en « opus spicatum ». Seuls les murs Nord et Est ont été partiellement conservés, sur une hauteur maximum de 40 cm, le mur Ouest a été quasi totalement démonté ; le mur Sud a été entièrement récupéré lors de la réalisation de l'état 2. On peut estimer l'espace intérieur de cette case à 5 x 9 m, soit 45 m2. Le sur-creusement postérieur de cet espace a fait disparaître toute trace de la couche d'occupation ou même du sol rocheux lié à cet état. En revanche, la pierre de seuil a été conservée : située sur la façade Ouest, près de l'angle Nord-Ouest de la case, elle repose directement sur le substrat entaillé. Il s'agit d'une pierre soigneusement taillée (traces de pics visibles), trapézoïdale (rectiligne vers l'intérieur, arrondie vers l'extérieur), mesurant 80 x 40 cm. Cette case présente des similitudes morphologiques frappantes avec la case B ; comme pour cette dernière, il est probable qu'une structure (en matériaux légers) se soit développée au-delà de la façade Ouest et du seuil, mais elle a dû être oblitérée par le creusement de l'accès extérieur du souterrain. L'état 2 de la case A (A2) Structure du bâtiment : Préalablement à l'édification du nouveau bâtiment, les murs de la case Al sont mis à bas ; les parois Nord et Est sont partiellement conservées, la paroi Ouest arasée jusqu'à la première assise de fondation, la paroi Sud totalement démontée. Puis le substrat formant le sol de la case Al est excavé jusqu'à une profondeur de 1,50 m par rapport au sol extérieur au bâtiment, soit un surcreusement de 1,10 m environ, sur une aire subrectangulaire de 5 x 9 m, à l'aplomb de la face interne des parois de l'ancienne case. De nouveaux murs sont alors construits, reposant sur le fond du creusement. Dans leur partie basse, ils 68  L HABITAT RURAL ET LE SOUTERRAIN MÉDIÉVAL DE « PECH DE BONAL » A FONTANES, LOT Silo Souterrain o Foyer Drain Fig. 2 : Plan général des structures de surface (gris clair) en association avec le souterrain (parties aériennes en gris sombre, parties enterrées en noir) (P. Baty/F. Veyssiere). 69  ARCHÉOLOGIE DU MIDI MÉDIÉVAL - TOME XV et XVI - 1997-1998 Fig. 3 : Vue d'ensemble de la case A prise depuis l'ouest. Au premier plan, l'entrée extérieure du souterrain. (L. Neyssenssas) s'appuient contre la paroi du nouveau creusement, dans leur partie haute contre les anciens murs (façades Nord et Est). Toutefois les façades Sud et Ouest ont reçu un traitement particulier. Le mur méridional, d'une puissance de 84 cm, s'appuie à la fois sur le profil du nouveau et de l'ancien creusement, après enlèvement systématique de la maçonnerie appartenant à l'état antérieur ; le nouveau mur est donc particulièrement homogène et soigné. Par ailleurs, nous n'avons retrouvé aucun indice de l'existence d'un nouveau mur occidental ; le nouveau creusement présente un profil complexe, caractérisé par quatre petits décrochements irréguliers. Peut-être ces décrochements sont-ils le support d'une structure de bois (?). Il est en tout cas probable que la façade occidentale de l'ancienne case ait été reprise en élévation afin de clore la nouvelle construction, mais le niveau d'arasement de l'ensemble des structures nous a empêché d'en faire l'observation concrète. Les murs de l'état 2 ont une épaisseur moyenne de 80 cm pour une hauteur maximum conservée de 1,50 m. Le parement interne a pu être observé ; il est constitué de blocs calcaires soigneusement appareillés (moellons allongés de 50 x 10 cm), disposés en litages réguliers. On peut noter une diminution progressive des dimensions de l'appareil au fur et à mesure de l'élévation des parois, toutefois l'action du gel a provoqué la désagrégation de près de 50 de la maçonnerie, empêchant une analyse détaillée. Le liant est constitué par de l'argile jaune, vraisemblablement prélevée en contrebas du site. L'examen détaillé de la paroi Sud, la plus homogène et la mieux conservée, indique en élévation un mur composé de deux parements soignés entourant un blocage d'éclats calcaires liés à l'argile. Fig. 4 : Relevé de détail de la case A. (P. Baty) L'espace intérieur de la case A2 était inférieur à 8x4m. L'entrée de la case a été mise au jour : le seuil est situé au milieu de la façade Sud du bâtiment, à une altitude de 45 cm au-dessus du sol rocheux. Sa longueur est légèrement supérieure à 1 m ; un seul montant latéral de la porte, composé de moellons calcaires soigneusement lissés, a été conservé. Il est peu probable que le seuil appartenant à la phase antérieure (façade Ouest) ait continué à être utilisé (différence altimétrique entre les deux seuils : 1,15 m). Il est difficile de reconstituer l'élévation de la case, toutefois les 42 m3 d'éboulis provenant de l'effondrement des parois retrouvés piégés dans la structure permettent de supposer une hauteur des parois au-dessus de la surface du sol environnant médiéval supérieure à 1,70 m, soit une hauteur totale, depuis le fond du « sous-sol », supérieure à 3,20 m. Il est donc probable que nous soyons en présence d'une maison à niveaux, comportant une pièce semi- enterrée et un entresol, l'ancrage du plancher étant alors situé à une hauteur supérieure à 1,50 m par rapport au sol de la « cave ». Le mode de couverture de l'édifice reste conjectural, et la découverte dans l'horizon d'abandon de rares fragments de tuile canal ne permet pas de préjuger à coup sûr du type de couverture : il a pu s'agir d'une 70
Related Documents
View more...
We Need Your Support
Thank you for visiting our website and your interest in our free products and services. We are nonprofit website to share and download documents. To the running of this website, we need your help to support us.

Thanks to everyone for your continued support.

No, Thanks