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Frédérique LANGUE, Histoire du Venezuela

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Frédérique LANGUE, Histoire du Venezuela
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    Pouvoirs dans la Caraïbe Revue du CRPLC   12 | 2000 L’État Frédérique LANGUE, Histoire du Venezuela Myriam Cottias Édition électronique URL : http://plc.revues.org/418ISSN : 2117-5209 Éditeur L’Harmattan Édition imprimée Date de publication : 1 janvier 2000Pagination : 190-194ISSN : 1279-8657  Référence électronique Myriam Cottias, « Frédérique LANGUE, Histoire du Venezuela  », Pouvoirs dans la Caraïbe  [En ligne],12 | 2000, mis en ligne le 04 mars 2011, consulté le 05 octobre 2016. URL : http://plc.revues.org/418 Ce document a été généré automatiquement le 5 octobre 2016.© Pouvoirs dans la Caraïbe  Frédérique LANGUE, Histoire duVenezuela Myriam Cottias RÉFÉRENCE Frédérique LANGUE, Histoire du Venezuela . Paris : L’Harmattan, 1999. 1 C’est une somme historique d’importance sur le Venezuela que nous livre ici FrédériqueLangue. Tournée vers la Caraïbe, fermant cette “ Méditerranée des Caraïbes ” ainsi quel’historiographie se plaît à l’appeler par des référents trop occidentaux, le Venezuela estterre de paradoxes et de diversités, peu d’unité malgré une des premières grandesrévolutions d’Indépendance de la modernité et des hommes politiques entourés d’uneaura quasi éternelle telle que Simon Bolivar, el Libertador  . 2 La “ petite Venise ” des Amériques, telle qu’elle est dénommée par Alonso de Ojeda,compagnon de route de Christophe Colomb, – ou bien l’srcine du mot est-il indigène ? –fut investie par les Espagnols dans la poursuite du rêve d’or et perles de l’Europechrétienne à partir de 1498. 3 Voilà bien le premier des paradoxes. Les peuples amérindiens etleurs terres ne pouvaientpas l’offrir, non plus qu’un paradis terrestre. La nature tropicale était foisonnante maisdifficile ; l’exploitation agricole du sol, quasi impossible jusqu’au XVII e  siècle. 4 Hormis la mission civilisatrice et évangélique dont l’Europe s’investît sur le long terme,l’histoire du Venezuela s’est déroulée en quatre temps : les différentes conquêtes et lafondation des villes (1498-1567) ; la domination économique du cacao (l’“ or noir ”) avecl’affirmation de Caracas comme capitale régionale (1567-1810) ; la formation du“ caractère national ” et la Révolution d’Indépendance avec Bolivar (1810-1830) ; lesavatars de l’Etat national (de 1830 à nos jours). Frédérique LANGUE, Histoire du VenezuelaPouvoirs dans la Caraïbe, 12 | 20101  5 Cette étude historique exhaustive insiste sur le lien entre l’économique et le social, l’un etl’autre se façonnant mutuellement. En effet, à cause du développement du cacao, les encomienda s sont élaborées à partir de 1545. Fondées sur le tribut, les Indiens doivent uncertain nombre de jours de travail de la terre. Cependant, petit à petit, la région vaintégrer les circuits économiques transatlantiques. Le commerce du cacao fleurit créantles premiers heurts avec la Couronne espagnole et le premier sursaut autonomistes desCréoles mais surtout l’importation d’une nouvelle main d’œuvre, chacun de ces élémentsmodelant de façon durable la société. Des Africains y sont déportés par la traite de 1529 à1810 pour remplacer la main d’œuvre indienne et assurer le développement économique :ils engendreront progressivement une population métisse, les  pardos  (majoritaire à 45 %dans la Province de Caracas) qui deviendra le fleuron révolutionnaire. Des Espagnols s’yenracinent en devenant propriétaires terriens, commerçants, grands miniers : ilsformeront l’élite blanche aristocratique, “ Espagnols européens ” quand ils viennentd’arriver, mantuanas  quand ils sont “ créoles ” (90 % en 1800). Il y a aussi les blancos deorilla , “ petits-blancs sans fortune ” (commerçants, artisans, journaliers…), sans statutsocial réel et “ qui devront attendre les premières décennies du XIX e  siècle, soit bienaprès la révolution d’Indépendance, pour obtenir un semblant de reconnaissance sociale ”(87). 6 Cette mosaïque de populations placées dans une forme hiérarchisée et malgré unmétissage culturel souterrain, pose un des fondements de la Révolution d’Indépendance(1810-1830) qui a souvent été présentée comme une “ guerre des castes et des classes ”.Profitant de la crise politique de l’Espagne à partir de 1808 et de l’abdication de FernandoVII en faveur de José, frère de Napoléon, annoncée par des révoltes et des conspirationscomme celle de Francisco de Miranda en 1806, la Révolution est plurielle et diverse. Eneffet, dans le débat national, certains considèrent la Première République qui commencele 19 avril 1810, comme une  jornada espanola  “ marquant ainsi la distance qui séparait lesaspirations des protagonistes du mouvement d’émancipation – en particulier certainsreprésentants de l’aristocratie créole – et celle émanant d’acteurs sociaux plus‘populaires’” (123). Les avatars révolutionnaires n’étaient en effet pas achevés puisqueguerre civile et restauration monarchique agitent le pays entre 1810 et 1817, date defondation de la Troisième République et de l’installation du gouvernement républicain deBolivar à Angostura. Le mouvement culmine en 1819 par la création de la GrandeColombie formée du Venezuela, de la Nouvelle-Grenade et de l’Equateur annoncée dans le“ Discours d’Angostura ” pour “ rejeter “ le joug de l’esclavage ” dont sont porteuses lesambitieuses nations européennes, établir un équilibre et mettre un terme à laprépondérance de l’Europe ” (148). On le sait, le grand projet bolivarien fut un échec dufait de l’atomisation des volontés politiques émanant des nations que Simon Bolivar avaitlui-même rendu indépendantes et des accusations par ses pairs de tyrannisme. En 1830, ildécide de se retirer du pouvoir en concluant que “ l’Indépendance est le seul bien quenous avons acquis au détriment de tous les autres ” (149). La même année, la séparationdes pays de la Grande Colombie est prononcée par JoséAntonio Paez qui exige l’expulsionde Bolivar qui meurt quelques mois plus tard, le17 décembre 1830. 7 Pourtant, le rayonnement de cette révolution fut immense tant en Europe – sur lemouvement libéral espagnol, par exemple – qu’en Amérique Latine et dans les Antilles.Frédérique Langue souligne d’ailleurs un élément primordial, à savoir comment larévolution d’indépendance a mis en jeu les réseaux caribéens. L’importance d’Haïti dans Frédérique LANGUE, Histoire du VenezuelaPouvoirs dans la Caraïbe, 12 | 20102  le parcours de Simon Bolivar en est un exemple puisqu’il conduisit avec l’aide haïtiennedeux expéditions vers le Venezuela (136). 8 L’état vénézuélien est consolidé le 22 septembre 1830. Il se dote d’une Constitutionfondant la citoyenneté sur la “ qualité d’homme libre ” pour ceux qui naissaient dans lepays. On peut noter cependant que l’esclavage n’est pas aboli pour autant : la loi demanumission instaurée prévoit la libération des esclaves à partir de 21 ans et aprèsindemnisation de leur propriétaire. La révolution n’avait pas soufflé son vent de libertésur l’ensemble de la population ! Cette constatation restreint les déclarations desrévolutionnaires alors que l’époque bruissait de discours abolitionnistes et qu’Haïti étaitla première république noire fondée sur la libération des esclaves. Paradoxe. 9 C’est une ère chaotique qui s’instaure tant sur le plan politique que sur le planéconomique et social à partir de 1830. Du “ Centaure de l’Indépendance ” à Monagas, leVenezuela passe d’un régime républicain autoritaire à une “ première autocratielibérale ” avec José Tadeo Monagas alors que les prix agricoles baissent, que lespropriétaires et les agriculteurs sont endettés et que les exportations diminuent… Desrevendications sociales en sont issues qui remettent en cause la hiérarchie raciale : les  pardos organisent des révoltes dès 1843 et mettent en accusation les “ Blancs ”. Ilsréclament la répartition des terres et l’abolition de l’esclavage (175), notamment en 1846avec le soulèvement d’Ezequiel Zamora, “ général du peuple souverain ”. C’est d’ailleursdans un climat d’insurrection que le 24 mars 1854 est promulguée la loid’abolition del’esclavage : 12 090 esclaves sont libérés, soit 2 % de la population du Venezuela (187). 10 La consolidation de l’Etat n’était pas faite cependant. Le processus fut long. A partir de1859, le pays connaît des régimes dictatoriaux rythmés par des soulèvements armés, desrévoltes et des révolutions (un seul épisode démocratique entre 1936 et 1944) jusqu’à lachute de Marcos Perez Jimenez en 1958. Elle fonde la démocratie. Le Venezuela aborde leXX e  siècle avec des crises de contradictions : la constitution d’une Fédération alors que lerégime politique est centralisateur ; des références constantes à Dieu dans les textespolitiques alors que le régime est profondément laïc. Les conditions économiques sontinstables, minées par des grèves tandis que les productions changent. Dès 1929, le pétrolevenezuelien arrive au second rang mondial en terme de production tandis que le cafédécline définitivement. La nouvelle donne de la Modernité était posée. Elle va sedévelopper sur fond de stabilité politique à partir de 1958 mettant le Venezuela enposition de “ modèle démocratique ” tandis que le pays “ décollait économiquement ”sous laférule de l’Etat. Jusqu’à la crise de 1983 et les révoltes de 1989, le mythe d’unVenezuela éternellement prospère s’était développé. Le livre s’achève en exposant lesdésillusions sociales et politiques qui traversent le pays actuellement et les aspirations àun “ renouvellement des structures participatives ”. 11 Le texte de Frédérique Langue est foisonnant et riche, parfois un peu trop car il rend ladémonstration difficile à suivre ! Le récit de l’auteur enthousiaste s’emballe souvent etsouligne dans une vision historique large, échos et références à une histoire régionale.C’est donc un ouvrage indispensable qui comble une lacune historiographique. Frédérique LANGUE, Histoire du VenezuelaPouvoirs dans la Caraïbe, 12 | 20103  AUTEURS MYRIAM COTTIAS Membre du CRPLCUniversité des Antilles et de la Guyane Frédérique LANGUE, Histoire du VenezuelaPouvoirs dans la Caraïbe, 12 | 20104
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